J'ai fini par laisser de côté la poésie et mes élucubrations littéraires pour me consacrer à mes premiers projets
de romans. C'est à 19 ans que j'ai écrit, devinez quoi ? Je ménage un peu le suspense ... A 19 ans, disais-je, j'ai écrit le premier chapitre du "Passé Recomposé". Oui oui, il s'agit
bien de mon deuxième roman qui vient de paraître, 18 ans après l'écriture de ce premier chapitre ! Vous me direz sans doute : "ben t'en as mis du temps pour écrire ce bouquin !".
En fait, après ce premier jet, j'ai fait l'erreur de le faire lire à une amie ... qui l'a descendu en flèche. Il n'en a pas fallu plus pour que j'abandonne et que je relègue les feuillets
dans un tiroir. Tiroir que j'ai réouvert quelques années plus tard ... J'ai réécrit le chapitre, avec un peu plus de maturité, puis une ébauche de deuxième chapitre qui s'est avéré
insatisfaisante. J'ai tout remis au tiroir ... pour tout resortir à nouveau quelques temps après. J'ai relu, corrigé, ébauché ... L'histoire prenait tout doucement forme dans mon
esprit mais il manquait encore trop de choses. Pourtant, je savais qu'un jour, je l'écrirais jusqu'au bout, cette histoire. C'était comme un besoin, un défi que je me lançais.
Etais-je capable d'écrire un roman entier ? Voilà la question qui me turlupinait. Je ne pensais même pas encore à l'édition. Ce n'était pas ça l'important.
Puis, un jour, en fouillant dans un autre tiroir, je suis tombée sur une page que j'avais écrite sur un coup de tête, également quelques années plus tôt. Ainsi, une autre histoire a germé
dans mon esprit. Elle a pris le dessus sur la première. D'emblée, elle m'est apparue plus complète, plus détaillée, et j'ai senti l'urgence de l'écrire avant l'autre. Il
est des histoires, comme ça, qui semblent ne pouvoir s'écrire à un autre âge. Attendre d'être pensionnée pour écrire ces 2 romans qui me trottaient dans la tête ? Sûrement pas !
Avec les années qui passent, les idées changent, évoluent, les sentiments ne sont plus pareils et l'écriture mûrit. J'avais trop peur, si j'attendais encore, de ne plus pouvoir transcrire
les sentiments tels qu'ils me venaient alors. C'est ainsi que je me suis lancée dans l'élaboration du "Calme après la tempête". Ca m'a pris un an, et j'y suis arrivée. Une fois
le défi accompli, c'est seulement alors que j'ai pensé tenter ma chance auprès des éditeurs ... La suite, vous la connaissez.
J'ai alors repris le premier chapitre du "Passé Recomposé" et l'ai réécrit pour la quatrième fois. Cette fois, j'étais satisfaite et ai pu commencer la rédaction du roman. Trois mois
plus tard, il était terminé (j'avais pris une pause-carrière de quelques mois). 18 ans de gestation, c'était suffisant ! Quel soulagement quand cette histoire fut enfin hors de mon
esprit et couchée sur papier ! C'est que ça prend de la place un roman, vous ne vous rendez pas compte ? On ne pense plus qu'à ça, on réfléchit tout le temps, on ne dort presque plus
tant on y pense, et dès qu'une nouvelle idée germe, vite vite il faut la noter ! Combien de fois n'ai-je pas allumé en pleine nuit pour noter une scène, un dialogue, un nouveau personnage
... Allez vous rendormir après ça !
Enfin bref, mon cerveau est nettoyé, j'ai fait de la place. De nouvelles idées peuvent maintenant s'y installer tout doucement. C'est comme un terrain qu'on défriche. On le
croit vierge de toute végétation, mais si on le laisse tranquille, sans y toucher, de petites graines apportées par le vent ou les oiseaux le coloniseront peu à peu et, au bout de quelques mois,
nous verrons y apparaître des petites pousses de plantes que nous choisirons de laisser ou de faire disparaître.
C'est ainsi que je laisse germer les petites graines qui poussent dans ma tête. Je les trie, je retiens les meilleures et les laissent mûrir ... Elles vont grandir, grandir, et quand
apparaîtront les premières feuilles, je prendrai ma plus belle plume et recommencerai à écrire ...
Poète, moi ? Nooon, je vous l'ai dit : j'ai laissé tomber J

















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