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Mercredi 24 janvier 2007

Un grand merci à Valérie Pirlot qui a inséré un petit mot en faveur de mon livre dans la revue "Collines", le trimestriel des Guides-Nature des Collines. 

Pas besoin d'être guide-nature pour recevoir cette revue, tout le monde peut s'y abonner.  Au programme : compte-rendu et calendrier des promenades, fiches techniques sur les animaux, textes à méditer, jeux ... le tout sur le thème de la nature et de la région des Collines, évidemment.  Intéressé(e) ?  Contactez Valérie Pirlot : valerie.pirlot@scarlet.be

 

J'en profite pour remercier toutes les personnes qui m'ont soutenue depuis la sortie de mon livre.  Je ne savais pas être autant entourée !  Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me touche.  Merci à vous tous, famille, amis, collègues, voisins, ou simple connaissance ... Merci d'être aussi enthousiastes vis-à-vis de mon roman, et merci d'en parler autant autour de vous.  Il n'y a pas de meilleure publicité que la vôtre ! MERCI A TOUS ! 

par Cathy publié dans : cathybonte
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Vendredi 12 janvier 2007

Quelle surprise ce jeudi 11 janvier ! Un petit article dans le Passe-Partout de Tournai.  Je n'étais même pas au courant !  C'est sympa des surprises comme celle-là, non ?  Voilà ma tête dans toutes les boîtes aux lettres de la région, hi hi  ;-D

Merci à Sandra Durieux, auteur de l'article.

par Cathy publié dans : cathybonte
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Dimanche 7 janvier 2007

CHAPITRE 1

  Je ne parle pas …

  Je ne suis pas muet, non, mais je ne parle pas … ou si peu.  Enfin, c’est le reproche qu’on me fait.  Ma femme surtout ; elle me répète sans cesse que pour qu’un couple fonctionne, il faut discuter, dialoguer, communiquer … C’est vrai, elle a raison, je le sais.  Mais je ne parle pas … et notre couple ne fonctionne pas.  Pourquoi parler ?  Pourquoi se forcer à entretenir une conversation quand on n’a rien d’intéressant à dire ?  Je n’aime pas parler !  Dialogue, discussion, communication, … ces mots barbares sonnent, lourds de reproche, à mes oreilles.  Alors je fais le sourd … et je me réfugie dans ma bulle.  Il est tellement plus aisé de penser.  On réfléchit à ce qu’on veut, à qui on veut.  L’esprit vagabonde, se pose où bon lui semble, sans gêne, sans pudeur.  On peut aller si loin dans les pensées, se laisser bercer, emporter, oublier le temps et les gens.  Perdre conscience, gommer la réalité, et puis revenir sur Terre, brutalement …

  -    A quoi tu penses ?

  -   

  -    Bernard ?  A quoi tu penses ?

  -    A rien …

  -    Je sais bien que tu penses à quelque chose ; ça se voit !  Dis-moi …

  Ça y est, c’est reparti pour l’inquisition !

  -    A rien de particulier.

  -    Ah ! Tu vois bien que tu pensais à quelque chose !  A quoi ?

  -    A rien !

  -    Tu ne veux pas que je le sache ?  Que me caches-tu encore ?  Tu pensais à une autre ?  C’est ça ?!

  Je me tais.  Son visage se ferme, ses yeux s’attristent, sa bouche devient boudeuse.  Comme d’habitude, elle attend que je la rassure, que je lui dise qu’il n’y en a pas d’autre, que je lui livre le fond de mes pensées … ces pensées si secrètes que je ne lui ai jamais permis de percer.  Mais comme d’habitude, je ne dis rien. Je ne fais rien.  Je la laisse croire ce qu’elle veut, et c’est bien ça le problème : je ne parle pas !  Alors elle quitte la pièce, elle se réfugie dans la chambre et moi dans mes pensées.

  Qui donc a dit : « Je pense donc je suis » ?  Je pense, mais je ne suis rien.  Rien qu’un moins que rien ! Incapable de traduire mes pensées en paroles, laissant ma femme mariner dans ses sombres idées, tandis que moi, je me délecte des miennes .

  Puis, elle revient dans la pièce, entame une nouvelle tentative de dialogue.  Elle s’inquiète, me pose des questions, essaie d’y répondre à ma place … mais je ne marche pas.  Devant mon mutisme résigné, elle s’énerve, son ton monte, et je me bloque, m’enferme dans ma coquille.  Je déteste quand elle crie, et je sens que c’est tout proche.  Elle me traite de lâche, d’égoïste … Oui, non, peut-être … je ne sais pas.  Je ne sais pas quoi en penser, encore moins quoi dire.  Je n’ose pas la regarder.  Je sais, au timbre de sa voix, que des larmes lui sont montées aux yeux.  Elle repart dans la chambre en claquant la porte.  Je l’entends pleurer.

  Je ne bouge pas, ne dis rien …

  Scénario habituel ...

   Du plus loin que je m’en souvienne, je n’ai jamais été un grand causeur. Enfant, déjà, mes instituteurs s’en plaignaient auprès de mes parents.  A la fin de chaque trimestre, au moment des bulletins, ils y inscrivaient, invariablement : « enfant calme, discipliné, mais peu participatif.  Efforts à faire ».  Mes parents, trop occupés par leurs propres problèmes, ne s’en souciaient guère, mon père étant lui-même un « taiseux ».  Du coup, des efforts, je n’en faisais jamais.  Je ramenais des notes convenables à la maison, et c’est tout ce qui comptait pour eux.

 Mes parents avaient fait construire une grande maison dans un des endroits les plus calmes de Kain, un village près de Tournai, en Belgique.  Ils avaient espéré avoir beaucoup d’enfants mais malheureusement, après moi, ils ne purent plus en concevoir …  Un problème chez ma mère, je ne sais pas trop quoi …  Mes parents se réfugièrent chacun à leur manière dans leur douleur : mon père dans le silence et les absences, ma mère dans la déprime et le travail.

 Quant à moi, inconsciemment, je pense que cette stérilité m’arrangeait bien … Je ne crois pas que la venue d’un petit frère ou d’une petite sœur m’aurait fait plaisir à l’époque.  La vision de notre grande maison envahie d’enfants me terrorisait ! La solitude ne me pesait pas le moins du monde.

 Mes parents s’étaient résignés à abattre quelques murs à l’étage et à m’offrir ainsi une chambre immense pour moi seul.  Je me rappelle les heures entières que j’y ai passées à jouer avec mes Playmobils.  La pièce leur était presque entièrement consacrée ! C’était mon jeu favori.  Durant toute mon enfance, je n’ai demandé à recevoir que ça pour mes anniversaires, Noël et Saint-Nicolas.  D’années en années, ma collection s’agrandissait à ne plus savoir où les mettre ; j’en avais de toutes les époques, de tous les métiers … Pour mes Playmobils cow-boy, j’avais construit un fort en bois.  Qu’est-ce que j’en étais fier !  Maman avait cousu quelques tentes pour les indiens, quant à Papa, il avait façonné tout un paysage de montagnes en papier mâché. 

 Dans un autre coin de la chambre, il y avait un genre de petit village, composé de deux grandes maisons meublées, d’une ferme, d’un jardin public et de quelques véhicules. Ça, c’était pour les contemporains.  Un peu plus loin, il y avait un chantier où les ouvriers du « village » se rendaient pour aller travailler.  Et puis, à un autre emplacement, se trouvait le cirque.  Là, tout le monde pouvait s’y retrouver : cow-boy, indiens, ouvrier, fermiers, policiers, docteurs, chauffeurs de bus … Il n’y avait plus d’époque, ni de métiers ; tous se retrouvaient pour assister au spectacle que les artistes leur avaient concocté. 

 Je me rappelle aussi d’un ballon blanc que j’avais attaché au plafond avec une ficelle et une punaise.  Il me servait de lune ou de planète quelconque, et de temps en temps, mes Playmobils astronautes allaient y faire un tour dans une petite fusée de ma fabrication.  Je mêlais à leurs voyages d’affreux monstres en plastique verdâtre afin de pimenter leurs aventures.

 Quels beaux souvenirs ces petits bonshommes m’ont laissés !  Ils me fascinaient avec leurs petites bouilles sympathiques, leurs jolies couleurs, leurs membres rigides et leurs drôles de mains en « U » qui pouvaient tenir des petits objets.  L’avantage avec les Playmobils, c’est qu’ils n’émettaient aucun son, aucun bruitage.  J’animais des scènes sans parole; il n’y avait jamais de dialogue dans mes histoires.  Oh, bien sûr, je leur parlais de temps en temps, mais uniquement dans ma tête.  Je leur prêtais parfois ma voix aussi … mais toujours dans ma tête.

 J’ai dû être un enfant vraiment très calme, à la grande satisfaction de mes parents qui m’oubliaient presque.  A défaut d’avoir beaucoup d’enfants, ils auraient peut-être préféré ne pas en avoir du tout.  Dans un sens, moi, j’étais heureux, évoluant dans mon monde, dans ma bulle … mais cela ne pouvait vraisemblablement pas durer ...

 Un jour, à la sortie de l’école, alors que j’étais en troisième primaire, ma mère m’attendait à la grille comme à son habitude. Mon instituteur s’est approché de nous.  C’était un jeune prof, en début de carrière, toujours prêt à mettre ses acquits au profit des autres, voulant même parfois trop bien faire.  Et ce jour-là, mal lui en prit !  Du haut de mes 8 ans, je comprenais parfaitement bien ce que ma mère et lui disaient de moi.  C’étaient d’abord les mots habituels : « trop calme … ne parle pas assez … participe pas beaucoup ».  Et puis, le jeune enseignant a lâché un mot que je n’ai pas compris : « autiste ».  Je n’avais jamais vu ma mère entrer dans une telle fureur !  La vision de son visage cramoisi est resté longtemps gravée dans ma mémoire.  Elle s’est soudain mise à parler très fort et à faire de grands gestes.  Les visages ébahis des autres parents et enfants étaient tous tournés vers nous et je voyais le jeune prof rapetisser au fur et à mesure de l’engueulade …  J’ai ensuite entendu ma mère lui conseiller d’aller voir dans un dictionnaire ce que le mot « autiste » signifiait.  Elle vociféra que son enfant était tout ce qu’il y a de plus normal ; qu’il jouait avec les autres, qu’il écoutait convenablement et qu’il savait parler comme tout le monde !  Là-dessus, elle m’empoigna par la main et m’entraîna avec elle, quittant la cour de l’école dignement, laissant là le jeune homme pantois.

 Je me rappellerai toujours aussi de ce qui s’est passé ensuite.  Nous avons marché un moment, en silence, puis, juste avant de tourner dans la rue où nous habitions, ma mère a émis un drôle de bruit … J’ai levé mon visage vers le sien ; il était inondé de larmes !  Elle s’est arrêté de marcher, s’est accroupie et m’a serré très fort dans ses bras.  Puis, sans un mot, elle s’est levée, s’est essuyé les yeux, et nous sommes rentrés à la maison comme si de rien n’était.

 Je n’ai pas posé de questions, mais je suis allé voir au dictionnaire ce que « autiste » voulait dire.  Après bien des recherches sur l’orthographe du mot, j’ai fini par trouver.  J’étais rassuré, mon instituteur s’était trompé.  Même si je ne parlais pas, je n’éprouvais aucunement de désintérêt total à l’égard de mon entourage ; je n’étais pas non plus replié sur moi-même.  Mais comment expliquer à ces adultes si sûrs d’eux que je n’avais tout simplement pas envie de parler, que je N’AIMAIS PAS parler !  Je n’aimais pas parler, comme d’autres enfants n’aimaient pas les épinards, ou aller chez le dentiste.  Moi, je mangeais de tout, en silence, j’allais chez le médecin ou chez le dentiste, sans me plaindre, je faisais mes devoirs et apprenais mes leçons, sans rien demander à personne … Au fond, j’étais un enfant facile … silencieux, mais facile !

 Curieusement, après cet incident avec mon prof, ma mère s’est mise à me questionner plus souvent.  Sur le chemin qui menait de l’école à la maison, elle me demandait ce que j’avais fait en classe, ce que j’avais appris, à quoi j’avais joué à la récré … Elle voulait que je lui parle de mes copains, de mon instit … Tout d’un coup, c’est comme si elle désirait tout savoir.  Cet intérêt soudain était totalement nouveau pour moi.  Je trouvais ça si peu important !  Pourquoi lui parler de mes copains ?  J’en avais si peu !  Pourquoi lui parler de ce que j’avais appris ?  Elle-même l’avait appris avant moi à l’école, non ?!  Pourquoi lui parler de mon prof ?  Elle ne savait plus le voir en peinture !  Alors pour lui faire plaisir, et parce qu’elle insistait avec une ferveur lassante, je lui rapportais quelques minimes bribes de ma journée de gosse.  Elle était contente avec ça et, à mon avis, rassurée que je lui parle.  Mais moi, je compris, à cette époque-là, que c’était la fin de ma tranquillité.

 Je poursuivais mes études primaires.  Tout allait pour le mieux, hormis les remarques, sur mes bulletins, qui ne changeaient guère.  Depuis l’altercation avec ma mère, mon instit me laissait en paix, ce qui m’arrangeait bien.  Par contre, maman se rapprocha fortement de moi.  Elle était plus attentive, plus douce.  Me voyant trop souvent assis devant le poste de télévision, ou rêvassant dans un fauteuil du salon, elle se mit à jouer à un tas de jeux de société avec moi.  Et ça, ça ne m’arrangeait pas du tout !  Je préférais franchement jouer seul dans ma chambre, avec mes Playmobils.

 Mais bien souvent, alors qu’elle se croyait seule, je la surprenais, elle-même, rêvassant dans le salon, l’air triste, ou alors dans la cuisine, le regard vide, devant la fenêtre qui donnait sur le jardin.  J’aurais dû sentir la catastrophe venir. J’aurais dû la prévoir.  Mais à 8 ans, il n’est pas toujours facile de deviner ce qu’il se passe dans la tête des « grands ».  Pourtant, les absences répétées de mon père, le regard triste de ma mère, et puis les disputes, les cris que j’entendais de ma chambre … Tout cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille.  Je n’ai pas voulu voir, ni entendre.  De ce fait, le jour où mes parents ont lâché le mot « divorce », mon petit monde s’est écroulé.  Je savais ce que cela voulait dire.  Il y avait des enfants, à l’école, dont les parents étaient divorcés.  Ils n’avaient pas l’air de s’en porter plus mal.  Certains étaient même contents !  Des parents divorcés, ça voulait dire « deux maisons, deux chambres, deux fois plus de cadeaux et de jouets, partir deux fois en vacances par an … ».  Pour moi, ça voulait dire, une fois de plus, « adieu la tranquillité » !

 Cette période a été difficile à supporter.  Mes parents commencèrent par vendre notre maison.  Notre si belle maison que j’aimais tant.  Il était convenu que je reste vivre avec maman, et elle nous loua une maison plus petite.  Bien plus petite.  Il me fallu longtemps pour m’y adapter et m’y sentir à l’aise.  Mais je ne l’ai jamais aimée.  Je fus obligé de me séparer d’une partie de mes Playmobils si chers à mon cœur.  Il y en avait trop, c’était impossible de les caser tous dans ma nouvelle chambre.  Quel moment pénible ce fut !  Devoir choisir, parmi tous mes petits bonshommes, ceux que j’allais devoir éliminer !  Ma mère m’emmena avec elle à un marché aux puces organisé dans le quartier, et ce fut encore plus atroce … Voir mes jouets préférés partir un à un, avec les décors, et les accessoires …  Je me souviens parfaitement avoir détesté chacun des enfants qui achetèrent une partie de mon trésor …  Voilà ce qui m’a fait le plus de mal dans ce divorce !

 Par contre, je n’ai pas dû changer d’école, ma mère s’étant arrangée pour rester à Kain.  Je lui en fus éternellement reconnaissant, moi qui détestais toute forme de changement.  Ma chère maman avait l’air d’être la seule à se soucier de moi, mon père s’étant très vite remis en ménage avec sa maîtresse et ses enfants à elle.  Bien sûr, je devais aller chez lui, enfin, chez eux, tous les quinze jours et ça ne me plaisait guère. Sa nouvelle femme n’avait pas l’air d’apprécier plus que moi ces rencontres bi-mensuelles.  De toute façon, c’était clair qu’elle ne m’aimait pas, et le sentiment était  réciproque !

 Et c’est ainsi que, moi qui n’avais jamais dû partager l’amour de mes parents avec un frère ou une sœur, je me suis retrouvé, du jour au lendemain, flanqué de deux « demi-sœurs » hyper collantes et d’un « demi-frère » jaloux, dont je devais partager le lit lors de mes visites.  Jaloux … incroyable quand même quand on sait qu’il vivait avec mon propre père et moi pas !

 Je détestais ces week-end-là !  Mais ce qui m’était insupportable par-dessus tout, c’était les comptes rendus que l’on me demandait de faire lorsque je revenais de chez l’un ou de chez l’autre.  Ma mère, surtout, avait l’art de me poser des questions dont les réponses ne pouvaient que lui faire du mal.  Au bout d’un certain temps, je finis par comprendre qu’elle le faisait exprès … Elle cherchait, de cette façon, à se punir, sans doute de l’échec de son mariage.  A partir de ce moment-là, je choisis délibérément de ne plus être le messager de ses tourments.  Au début, lorsque je restais sourd à ses questions, elle cria, elle pleura … mais je ne fléchis jamais et elle finit par abandonner la partie.  Elle ne sut plus ce qui se passait dans la nouvelle famille de mon père, elle s’en porta mieux, et plus tard, beaucoup plus tard, elle m’en remercia.

 Quant à mon père, il n’apprit jamais quels mots injurieux employait son ex-épouse pour parler de lui.  Il ne sut jamais non plus dans quel état lamentable il la laissa.  Je refusais catégoriquement de devenir leur porte-parole, m’enfermant dans un mutisme invraisemblable.  Ni l’un ni l’autre ne me soutira quelque information.  J’en étais fier.  J’était fier de ne pas contribuer au délabrement de leur relation.  Maigre consolation d’enfant …  Mais mon père ne le comprit pas comme ça.  Il trouva mon silence insolent.  Comme ses paroles ne pouvaient me toucher, c’est sa main qui finit par m’atteindre.  J’avais 10 ans quand je reçu ma première gifle.  A partir de ce moment, je fis tout pour paraître insupportable, à commencer par ne plus émettre un seul son.  Je devins carrément muet pour eux, ne répondant plus à une seule de leur question, ne leur disant même plus bonjour ! Mon père et sa nouvelle femme se lassèrent vite de moi et vinrent de moins en moins souvent me chercher.  A 12 ans, je ne les revis quasi plus.  J’avais gagné ; ma tranquillité était revenue …

 Et puis l’adolescence est arrivée.  Elle fut calme, sans encombre, sans folie, passant le plus clair de mon temps enfermé dans ma chambre à rêvasser, en écoutant de la musique.  Je poursuivais mes études sans trop de problème mais néanmoins sans goût … Ne me passionnant pour rien de précis, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire plus tard.  Ma mère s’en inquiétait.  Moi pas. Qui sait, j’aurais peut-être pu devenir un grand philosophe !  Mais le manque d’intérêt envers toutes ces années d’étude qui m’attendaient fit que je me lançais vers une autre destinée … Mon cousin (le neveu de ma mère), qui avait une quinzaine d’années de plus que moi, tenait un petit commerce de meubles d’occasion.  Son magasin était ouvert depuis quelques mois à peine mais les affaires tournaient apparemment bien.  Connaissant mon manque d’intérêt pour les études, il proposa de m’engager, à condition que je termine au moins mes humanités.  J’acceptais, à la grande joie de ma mère qui me voyait enfin m’intéresser à quelque chose de concret, et je terminais donc mes études en section « menuiserie » à l’école Don Bosco, à Tournai.

 Parallèlement, je découvrais, avec parcimonie, les doux plaisirs qui font la jeunesse. Guindailles, cigarettes et sorties entre copains rythmaient certains week-end. Mais ceux-ci étaient souvent suivis de longues journées d’isolement.  Après avoir écouté les confidences des copains, leurs peines de cœur, leurs vantardises à propos des filles, j’avais besoin de réfléchir à tout ça, besoin de m’isoler et de refaire le monde à ma manière.  Quant aux filles … elles me croyaient timide, réservé, manquant d’assurance, … alors que je manquais tout simplement de conversation.  Après quelques tentatives amoureuses infructueuses, j’en déduisis que la gent féminine préférait les beaux parleurs.  Beau, je ne l’étais pas … parleur encore moins !  Je finis par en faire mon deuil, ne me résignant toujours pas à faire quelque effort.

 C’est à l’aube de mes 25 ans qu’un tourbillon nommé « Sarah » entra dans mon cœur et bouleversa à jamais la simplicité de ma vie. 

 La suite dans le livre ... J

par Cathy publié dans : cathybonte
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Romans parus

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  LE CALME APRES LA TEMPÊTE
  

Bernard Hanssens n’est pas ce qu’on peut appeler un « grand causeur ».  Son manque de conversation, pris pour de la timidité par son entourage, en fait quelqu’un de renfermé.  Partagé entre son boulot et sa mère, sa vie s’écoule paisiblement … jusqu’au jour où il croise Sarah Martin dont la vie est plutôt mouvementée.  Bernard en tombe fou amoureux, tandis que Sarah, après tout ce qu’elle a vécu, se sent attirée par le calme apparent qu’il dégage.  Mais entre eux, la communication n’est pas facile et les malentendus s’accumulent.  Jusqu’au jour où c’est le drame …

     

LE PASSE RECOMPOSE 

  

Timide, mal dans sa peau, Johanna Leroy semble vivre dans l’ombre de son fiancé, Kaël.  Jusqu’au jour où un accident de la route lui fait perdre complètement la mémoire.

Alors que son fiancé multiplie les efforts pour qu’elle retrouve ses souvenirs, Johanna se découvre peu à peu, avec des goûts bien à elle, des envies, des projets et … un caractère bien trempé ! Comment expliquer que cette Johanna n’est plus pareille à la jeune fille d’avant ? Comment son entourage et son fiancé vont-ils accepter ce changement brusque de personnalité ? Mais surtout, comment va-t-elle faire pour retrouver la mémoire ? 

Points de vente

En vente à la librairie Decallonne à Tournai (Grand'Place).

A commander dans les autres bonnes librairies. 

Vous pouvez aussi les commander directement chez l'éditeur au 069/84.74.94  chloe.deslys@scarlet.be ou sur http://www.editionschloedeslys.be

Egalement chez :
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